L'accordéon Diato des amateurs

accordéon deux rangs 8 basses

Petite philosophie (d'amateur)

autour du diato

 

Musique et oreille Le lièvre ou la tortue? Etre ou paraître? Il y en des... qui... Tablatures modifiables?
Un air: 1000 interprétations Le pro et l'amateur Droits d'auteurs   Forum

 

Cette page se veut une base de réflexions liées à l'apprentissage du diato. Elle relate ma façon de voir les choses; des choses que je dis avec mon coeur et ma sincérité. Mes propos ne sont pas des vérités; seulement une façon de voir. La page contact est à votre disposition pour exprimer vos désaccords, vos doutes, vos accords ou vos suggestions. Vos réactions seront publiées en bas de page à la rubrique Forum

 

La musique, ça passe par les oreilles

 

Ecoutez! ça n'a rien à voir...

 

Ce serait mieux de garder les yeux fermés mais de déboucher tes oreilles!

Ecouter c'est ... prêter l'oreille!

 

Rappelez-vous comment vous avez appris à parler. Il serait étonnant que ce soit en lisant le journal! Car il vous a fallu apprendre la parole avant l'écriture. Comme tout le monde (et je doute qu'il y ait des exceptions) vous avez appris à parler en écoutant vos proches qui vous rabâchaient les mêmes mots, décomposés en syllabes. Puis vous avez appris à assembler les syllabes, puis à faire des phrases avec les premiers mots. Bref, c'est bien par vos oreilles qu'est passé le message

Rappelez-vous comment vous avez appris votre première chanson. De la même façon, assurément, que ce soit de votre mère ou de votre père, ou de votre nounou, ou de votre "maîtresse" à la maternelle. Et je ne prends aucun risque à affirmer que ce n'est pas sur une partition.

Il en va de même de l'apprentissage de la musique en général. On apprend en écoutant les chanteurs, les musiciens, la radio, les cassettes, les CDs, les media en général....

En réalité, notre oreille est notre meilleur professeur, pour peu que nous sachions l'utiliser. Car ce sont deux choses bien différentes que d'entendre et d'écouter. Si l'on peut parfaitement entendre sans écouter, l'inverse est impossible. Ecouter c'est entendre en prêtant attention aux sons qui parviennent à nos oreilles.

Bien entendu, (si je puis dire!) à force d'entendre un air ressassé 20 fois par jour, notre mémoire finit par l'enregistrer; A peu de choses près comme une bande magnétique enregistre une suite de sons tout en étant capable de la restituer. Mais cet acte passif ne permet pas de comprendre la structure du morceau, de comprendre comment il est construit. On ne peut dès lors que le reproduire mécaniquement.

Apprendre en écoutant est un tout autre processus: Le cerveau actif découvre la structure du morceau. Il enregistre les sons en les classant par catégories. Il enregistre non seulement les sons, mais la trame qui lie ces sons et qui leur donne un corps, un style, un rythme, une tonalité, un timbre, une intensité.... une émotion, une âme.

 

Ecouter avec l'envie d'apprendre "comment ils font..."

Arrêtez de foncer tête baissée et...
tendez l'oreille!

 

Apprendre à jouer d'un instrument de musique ne fait pas exception à la règle. On peut apprendre à manipuler un instrument en suivant des règles édictées dans les meilleurs manuels, et lui faire produire des sons mathématiquement conformes à une partition. Mais si l'on veut que cette musique soit vivante et qu'elle devienne le vecteur de nos émotions, nous devons mettre notre propre émotion dans l'instrument. Et pour comprendre comment on peut le faire, le meilleur moyen reste d'écouter ceux qui ont appris à le faire avant nous. Quitte à ce que, forts de notre apprentissage, nous fassions encore mieux!

Ecouter nous apprend les conventions qui caractérisent, qui sont parties intégrantes d'un style de musique. Malheureusement, cela prend du temps et, la plupart du temps nous sommes trop impatients de jouer.

Pourtant il faut prendre le temps pour écouter de bons musiciens afin d'entendre les choses subtiles qui se produisent et pour assimiler la foule des petits trucs qui font la musique et qui font qu'elle soit belle.

Ecoutez attentivement et activement les bons musiciens. Observez, remarquez, comparez. Assurez-vous également d'avoir des enregistrements de bonne musique traditionnelle jouée au diato, de préférence en solo afin d'en distinguer plus nettement les finesses. N'en restez pas au premier musicien que vous avez entendu en concert ni du jeu duquel vous êtes tombé amoureux(se). Écoutez différents styles, différentes approches.

Ne vous contentez pas d'écouter seulement du diato ; les violonistes, les flûtistes, les guitaristes, les cornemuseux..., tous ont quelque chose à vous apprendre.

 

Apprendre d'oreille ou avec tablatures ?

 

 

Dès que vos jambes sont guéries...
jetez vos béquilles.

 

Voila un débat qui n'est pas près d'être clos. Il suffit de lire les magazines spécialisés ou d'aller faire un petit tour sur les listes de discussion sur l'internet pour s'en rendre compte. Les partisans de l'apprentissage oral, d'oreille donc, et les partisans des tablatures s'entredéchirent à coups d'arguments, tous meilleurs les uns que les autres.
En fait, personne n'accepte de mettre les choses à plat, chacun étant trop préoccuppé par la défense de la chapelle pour laquelle il prêche ! !

La question me paraît pourtant assez simple si l'on se place du point de vue de l'élève d'une part et de celui de la qualité musicale d'autre part.

Qu'est-ce qu'une tablature, sinon une matérialisation de la partition, une transposition des notes de musiques en numéros de boutons et sens du soufflet pour produire les dites notes ? Il s'agit donc, ni plus ni moins, que d'un outil au service de l'apprenti qui ne connait pas forcément la musique savante (solfège) mais qui pourtant aime la musique tout court.

S'agissant d'un outil.... bien bête serait celui qui refuserait de s'en servir, par principe, ou pour toute autre raison fumeuse, alors que s'en servir fait, d'évidence, avancer l'apprentissage pratique et concret.

Maintenant, ainsi que nous l'avons vu ci-dessus, la musique ne peut pas se résumer à un savoir-manipuler-les-boutons. Mais ce contenu-là de la musique (les p'tits trucs, la dextérité, l'ornement, la justesse du rythme, l'émotion....) ne se transmet nullement par l'écriture savante de la musique sur une partition, aussi sophistiquée fût-elle. Il ne se transmet pas davantage par une tablature. Ce contenu là passe par la reproduction de l'art des anciens, lequel art ne peut venir que de leur écoute et éventuellement de leur observation pour ceux qui ont cette chance.

Par conséquent pour moi ce débat "oreille ou tablature" est clos parce que dépassé. Il faut bien entendu utiliser l'apprentissage d'oreille c'est-à-dire la transmission orale active (et j'insiste sur active, sinon elle est de peu d'utilité). Mais il ne faut pas négliger pour autant l'utilisation de tout autre moyen, dont la tablature, notamment pour l'apprentissage de la partie technique instrumentale.

Les tablatures sont comme les béquilles. Elles sont très utiles. Pourtant ceux qui doivent les utiliser ne pensent qu'à une chose: s'en débarasser.

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Le lièvre ou la tortue ?

 

Le paradoxe de la vitesse

 

 

 

Courez, courez, vite si vous le pouvez
Jamais, jamais, vous ne la rattraperez....

 

Si vous écoutez les maîtres jouer du diato, vous constaterez rapidement deux choses:
l'aisance avec laquelle ils jouent et la modération de leur vitesse d'exécution. On dirait que ça coule de source...

En réalité cette vitesse modérée d'exécution n'est qu'apparente. Il vous est sans doute arrivé d'essayer de jouer en même temps que vous écoutez un enregistrement, ou bien de caler votre métronome sur le tempo. Et vous vous apercevez alors que le tempo est beaucoup plus élevé que vous ne le pensiez !

Ce qui fait l'apparente modération du tempo c'est le fait que les notes tombent à leur place exactement, que les attaques sont nettes et précises, qu'il n'existe aucun décalage entre l'attente et la réalité.

L'existence d'un décalage, même léger, entre attente et réalité provoque une sensation d'instabilité, de déséquilibre. L'exécutant inexpérimenté, aussi bien que celui qui l'écoute, ressent ce décalage qui le pousse à essayer de corriger, soit en accélérant, soit en ralentissant, créant du même coup une sensation d'inconstance, d'irrégularité. Le plus souvent c'est une accélération constante que l'on note du début à la fin du morceau.

La cause principale vient de la mauvaise maîtrise du morceau, et de l'angoisse provoquée par l'approche d'un passage difficile. Tout se passe comme si (et c'est le cas) l'exécutant se préparait à la difficulté: Il accélère inconsciemment pour y arriver le plus tôt possible afin de se donner le temps de la résoudre, ou tout simplement pour pouvoir l'oublier. Le problème est que, même dans le cas où la difficulté est résorbée, il devient dès lors impossible de réduire l'élan car cela donnerait l'impression d'un raté. Et donc l'exécutant continue de plus belle. La prochaine difficulté engendre la même accélération etc... et on se retrouve au triple galop, bien souvent jusqu'à la chute...

Pour ne pas donner l'impression de "courir" il faut d'abord très bien connaître son morceau et le maîtriser techniquement de façon à avoir confiance en sa propre capacité d'exécution. En second lieu il s'agit d'être sûr du rythme qu'on cherche à créer: le rythme doit correspondre au type de morceau. On ne joue pas une scottish comme on joue un En-dro, ni un En-dro comme un Rond de Loudéac, pas plus que comme un plinn, bien que ces quatre danses soient écrites en 4/4. Enfin, pour donner de la stabilité à l'écoute, le tempo doit être constant.

Une fois la confiance installée et le tempo maîtrisé, vous éprouverez bien plus de plaisir à jouer et les autres en éprouveront à vous écouter.

 

Le rythme et... l'accessoire

 

Le métronome donne le tempo... pas le rythme!

 

La plupart de mes élèves apprennent assez facilement le déchiffrage d'un air nouveau. Il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'acquérir le rythme. Ceux pour qui le rythme n'est pas "naturel" éprouvent de grosses difficultés à comprendre que ce soit une composante aussi fondamentale de la musique.

Il ne faut pas confondre le rythme avec la vitesse d'exécution (que l'on appelle le tempo) . Le rythme est une combinaison de deux composantes: La structure rythmique de la mesure et l'arrangement des notes à l'intérieur de la mesure.

La structure rythmique est donnée par les deux chiffres représentés comme une fraction en début de partition. Exemple: 4/4 est une structure rythmique divisant la mesure en 4 temps dont l'unité de temps est la noire. Pour plus de détails, voir l'article sur la structure rythmique.

L'arrangement des notes dans la mesure rend compte des rapports de durée qui existent entre chacune des notes qui composent cette mesure. Jouer ces notes dans ces rapports précis, est donc l'expression rythmique de la mesure.
Par exemple dans une mesure 4/4 on pourra trouver une succession de 4 noires, ce qui donnera un rythme très régulier et très "carré". Si je remplace une ou plusieurs noires, chacune par 2 croches, je n'aurai rien changé à la durée totale de la mesure, mais j'aurai changé son rythme. Je changerai encore ce rythme si je remplace 2 noires successives par 1 noire pointée + 1 croche. Et ainsi de suite.... Cette mesure 4/4 pourra donc être jouée avec de multiples possibilités rythmiques suivant le découpage et le remodelage des temps.

Autrement dit les notes qui composent la mesure ont, entre elles, une certaine proportionnalité. Cette proportionnalité est modifiable quasi à volonté sans changer la durée totale. Chaque changement de proportionnalité engendrera un nouveau rythme.

On comprend alors aisément qu'il y ait de multiples façons d'exécuter un morceau, et donc de multiples façons de le personnaliser.

Ecoutez, à titre d'exemple, une gavotte jouée "binaire" et la même gavotte jouée "ternaire".

Si vous jouez de la musique à danser vous vous rendrez vite compte de l'importance du rythme. Vous aurez beau agrémenter votre jeu de trilles techniquement parfaits, si le rythme n'y est pas, vous devrez vous résoudre à voir les danseurs s'arrêter. Pourquoi? tout simplement parce qu'un rythme inadapté ou instable rendra votre musique indansable!

Les trilles sont accessoires. Le rythme est essentiel. Il vaut mieux jouer un air dans une version simple et nue mais avec un bon rythme que dans une version ornementée mais indansable. Par contre, si le rythme y est, alors les ornementations jouées avec précision viendront souligner et renforcer encore la rythmique.

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Peut-on modifier une tablature?

 

Touche pas à ma tablate!

 

 

Avez-vous remarqué que les classeurs de tablatures des apprenti(e)s diatonistes -- et des confirmés aussi -- sont, le plus souvent, très sagement rangées dans des étuis plastifiés?
Les tablatures comportent parfois des surlignages colorés qui mettent en valeur un passage difficile ou un changement d'accord, d'autres fois des indications de doigtés; Mais il est beaucoup plus rare q'un numéro de bouton main droite soit rayé et remplacé par un autre. La ligne des basses-accords, quant à elle, n'est jamais modifiée.

Jouez l'air tablaturé avec une main gauche différente et on vous fera bien souvent la remarque: "Mais, la tablature... elle n'est pas comme ça !". Il en va de même si le doigté main droite est différent.

Tout se passe comme si une tablature était immuable. Du fait même de son écriture, une musique acquiert un sorte de sacralisation. "Celui qui l'a écrite devait bien savoir"... Ce qui laisse entendre qu'une interprétation différente ne peut être que moins bonne, voir dénaturée.

 

Essayez, modifiez.... il en restera toujours quelque chose.

 

 

 

Pourtant les partitions comme les tablatures ne sont qu'une façon d'interpréter un morceau. Voir plus bas l'article un air: mille interprétations. Ceci est d'autant plus vrai qu'il s'agit, la plupart du temps, de musique traditionnelle.

Rien n'empêche d'essayer d'autres doigtés. Rien n'empêche d'essayer une autre ligne harmonique à la main gauche.

Il est vrai que nombre de tablatures ont été écrites par des interprêtes de renom qui connaissent la musique bien mieux que vous et moi. Il est vrai que je ne sais pas faire mieux. Rien ne m'empêche cependant d'essayer autre chose, soit pour simplifier l'exécution, soit pour comparer des versions différentes. Car cette comparaison, même si elle aboutit à adopter l'original, aura contribué à développer mon oreille à la reconnaissance d'autres lignes harmoniques.

Ceci n'est pas le cas de la majorité des tablatures qui circulent actuellement sur l'internet. Bien souvent, leurs lignes harmoniques sont pauvres et parfois très discutables.

Quoiqu'il en soit, une tablature est à considérer, à mes yeux, d'abord comme un outil pour apprendre un air nouveau. L'interprète doit rechercher à "sentir" l'air dans le but de l'adopter intérieurement, et dans le but de le restituer avec une charge émotive personnelle. C'est cette restitution qui peut amener l'interprète à recherher un doigté qui lui soit plus familier.

La modification de doigté peut parfois se faire sans toucher aux accords main gauche si on interchange des boutons sur un même sens de soufflet. C'est le cas lorsque l'on interchange le Sol du 3 poussé avec le 2' poussé, idem pour 6 et 5' ou encore 9 et 8'. Idem encore pour 5' tiré (La) et 7 tiré ainsi que pour 9' et 11 tiré. Ces possibilités restent toutefois limitées.

D'autres fois les modifications seront amenées par la recherche d'une autre suite d'accords MG (une autre ligne harmonique). Elles font intervenir des changements de sens de soufflet. Il faut alors se préoccuper de la conformité de l'esprit du morceau avec un jeu plutôt poussé-tiré, ou au contraire avec un jeu plutôt croisé.

Il va de soi que l'interprétation en groupe nécessite que tous les instruments se mettent préalablement d'accord sur une ligne harmonique qui prendra la forme d'une grille d'accords qui, une fois adoptée, sera respectée par chacun. Dans ce cas, le diatoniste sera amené à revoir sa tablature.

En tous les cas, les musiques en général sont à considérer comme vivantes, et les tablatures ne sont pas destinées à rester figées telles des momies. C'est en l' adaptant que l'on s'approprie un morceau et que, même traditionnel, il ne sonnera pas pareil sur tous les diatos ni sous tous les doigts.

 

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Etre ou paraître ?

Si j'aborde ici cette question, c'est parce qu'elle est présente dans tous les domaines de la vie courante. Le monde de l'accordéon, même diatonique, n'y fait pas exception.

 

 

Le look du diato?

 

 

 

 

Dans l'achat d'un diato.on trouve des motivations analogues à celles de l'achat d'une voiture. Certaines sont bien évidemment techniques mais, une part importante reste aux motivations psychologiques. Et parmi celles-ci le look de l'instrument. Ce qui me fait dire celà?

  • Lorsque mes élèves présentent à leurs collègues le diato qu'ils viennent d'acquérir, la réaction la plus fréquente est: "Oooh! Il est beau!"

  • Ceux qui, pour des raisons économiques, achètent une entrée de gamme s'excusent généralement de la façon suivante: "Ah! bien sûr, il n'a pas de marquetterie, mais bon..."

  • Si les fabricants de diato commencent à sortir des gammes en couleur c'est logiquement pour coller à la demande, montrant du coup, que la question du look n'est pas si négligeable.

  • Chez les heureux possesseurs d'un diato trois rangs et 5 registres, combien utilisent réellement le troisième rang et combien utilisent les registres à bon escient?

La question du look, c'est-à-dire du paraître est bien une question réelle. Il appartient à chacun de la gérer en fonction de ses envies... et de ses moyens car le look a évidemment un coût.

Il est bon cependant d'avoir à l'esprit que le look ne va jouer ni sur la tonalité, ni sur les possibilités diatoniques ou chromatiques, ni sur l'accord, ni.... sur la capacité du diatoniste à montrer son savoir-faire ou à transmettre une émotion.

A quoi vous servirait effectivement un "beau" diato duquel vous ne sauriez tirer que quelques banalités?

 

La valeur du diatoniste dépend-elle de l'épaisseur de son classeur de tablatures?

 

Encore une "question qui fâche"!

Pourtant, l'un des premiers réflexes du diatoniste nouveau est de chasser la tablature. "Tu me files ta tablate? je fais une photocop et je te la rend." Puis viens la visite des sites Web pour dénicher celles qu'on n'a pas encore. Du coup le classeur prend du volume...

Quelques mois plus tard, le prof décide une petite révision. Il ouvre le classeur au hasard:

- Tu peux me jouer celle-là?
- Ah ben, celle-là je viens juste de la commencer, alors c'est pas encore top...
- Alors celle-ci?
- Si tu veux, mais là tu choisis une difficile quand même hein!
- Bon, ben essaie celle-ci si tu préfères?
- Ouais, mais je l'aime pas trop, alors je la joue pas souvent, tu comprends?
- ..... .....Oui ..... ..... Oui, oui, je comprends!

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Un air: mille interprétations

 

Ce qui fait la signature du chef ce n'est pas la recette mais l'art d'utiliser les épices...

 

Il vous est sans doute arrivé d'écouter un morceau de musique interprété par des musiciens différents. Et vous aurez reconnu des différences, parfois importantes, dans ces interprétations.

Si vous avez des interprètes préférés que vous avez l'habitude d'écouter, vous les reconnaissez sans doûte dès les premières mesures et les premiers coups de soufflet en vous disant "ça c'est bien le style Untel".

Ce style, propre à chaque interprète, est composé des mille et un petits détails caractéristiques, même si souvent on est incapable de nommer ou de décrire ces détails. Parmi ceux-ci on notera une façon particulière de donner un coup de soufflet, ou au contraire une façon de jouer qui rend les coups de soufflet imperceptibles. Les ornementations font évidemment partie de la panoplie de personnalisation du jeu mais c'est la façon de les exécuter qui est plus caractéristique que l'ornementation elle-même. Jouer sur l'intensité sonore, sur l'allongement ou le raccourcissement de certaines notes, sur le soulignement de certains accents,... sont autant de moyen de faire passer une coloration particulière, une émotion dans la musique.

C'est pourquoi certains comparent l'interprétation musicale à la réalisation d'une recette de cuisine. La recette est la trame du morceau. Son interprétation est la façon dont le cuisinier personnalise la recette grâce aux épices savamment dosées. Là intervient l'art, c'est-à-dire le savoir-faire qui va donner le caractère sans pour autant dénaturer la recette.

Ainsi, un même morceau interprété par un musicien à quelques jours d'intervalle ne sera jamais exactement le même, bien qu'il soit porteur d'une signature bien reconnaissable.

De même qu'à une recette peuvent correspondre une infinité de plats, à un air correspondent une multitude d'interprétations.

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Il y en a des... qui...

 

Il y a ceux qui savent...

ceux qui croient savoir...

ceux qui ne savent rien mais qui font comme si...

Ceux qui ne disent pas grand chose mais qui en savent long...

 

Quand on a l'occasion de cotoyer des pratiquants très divers -- en diato comme dans d'autres domaines -- il arrive très souvent de constater une distorsion assez phénoménale entre les affirmations ponctuelles et l'observation de la pratique, à quelque temps de là.

Il y en a des qui ne jurent que par la méthode UNTEL, et qui contestent tout ce qui est différent tout en se déclarant "très ouverts".

Il y en a des qui se gargarisent d'avoir eu le précieux privilège de suivre les cours du génial UNTEL BIS et qui, dans la pratique, sont incapables de restitutuer quoi que ce soit de leur apprentissage.

Il y en a des qui pensent que ce que vous dites n'est pas mal... mais serait encore mieux si cela rejoignait le discours de UNTEL TIERS.

Il y en a des qui enseignent à leur enseignant comment ils souhaiteraient sa pédagogie.

Et puis, à l'inverse, il y en a des qui savent réellement plein de bonnes choses mais qui n'osent pas l'exprimer, par modestie, par pudeur, ou par timidité.

Il y en a d'autres encore qui ...

A tous j'ai envie de dire le même message:

Pourquoi ne pas dire ce que vous savez
seulement ce que vous savez
mais tout ce que vous savez...réellement ?

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Le pro et l'amateur

 

Je croyais que la musique adoucissait les moeurs...

 

Les musiciens professionnels ont en général une excellente maîtrise de leur instrument, tout comme l'ébéniste possède l'art du ciseau à bois ou le chirurgien celui du bistouri.

Cette maîtrise leur vient de l'apprentissage certes, mais surtout de la répétition pendant des années et des années des gestes élémentaires qui, additionnées, font leur pratique. S'agissant des musiciens, cette pratique a généralement démarré dès l'adolescence. Comme ils en ont fait leur métier et que généralement ils en vivent, ils doivent sans cesse sur le métier remettre leur ouvrage. C'est ce qui leur donne dextérité et savoir-faire, voir expertise. J'aurais tendance à rajouter: par simple routine...

L'amateur, au contraire, est quelqu'un(e) qui vient à la musique le plus souvent à la faveur d'un événement déclenchant, ce qui peut arriver à n'importe quel moment de sa vie. Sauf exception, il n'en fait pas son moyen principal d'existence mais, plus généralement, un loisir.

Ces différences d'origine et d'état engendrent des différences d'appréciation de la musique, et aussi des différences comportementales.

Certains professionnels ont tendance, par exemple, à considérer que, compte tenu de leur savoir et de leur expérience, ils peuvent acquérir et restituer la musique qui intéresse les amateurs bien plus vite et mieux que ces derniers. Bien plus vite ? Sans aucun doute....Mieux ? cela reste à démontrer!

Les amateurs sont souvent bien plus passionnés que ne le sont ces professionnels; et cette passion les amène à travailler leurs morceaux souvent au-delà de la seule et simple technique, enregistrant et reproduisant les subtilités d'un swing particulier, d'un phrasé particulier, d'une couleur inédite... Ce faisant, ils acquièrent un style authentique qui ne craint nullement de se mesurer aux valeurs plus "académiques".

Il arrive assez souvent que les premiers manifestent un mépris patent vis-à-vis des seconds. Pour le vérifier il vous suffit de poser une question à l'un de ces "pros" ou simplement de proférer une affirmation à propos de la musique en général ou du diato en particulier. Vous aurez vite fait de distinguer entre le "pro" sérieux, honnête et humble, qui se mettra à votre portée pour répondre sincèrement à votre question, et le "pro" imbu de son aura qui vous répondra par des phrases volontairement ésotériques qui, loin de vous éclairer, vous embrouilleront encore davantage. Le comportement de ces derniers ressemble quelque peu aux maîtres d'un territoire qui sentiraient ce territoire menacé par l'approche d'un amateur: "Qu'est-ce-qui-veut-çui-là? Allez, va jouer dans ta cour !".

Pourtant, s'il apparaît comme une évidence que ces professionnels lisent et interprètent les partitions plus facilement que les amateurs (et ce n'est que normal), les premiers semblent oublier que la partition n'est qu'un guide très rudimentaire qui ne rend pas compte des subtilités rythmiques; que le morceau tel qu'il est écrit n'est qu'un exemple parmi les multiples façons dont le morceau peut être interprété.

Je précise au lecteur que les traits ci-dessus, inspirés par ma propre expérience, sont évidemment caricaturaux, j'en conviens. Je me garde bien de généraliser. Mais la cohabitation des deux catégories m'apparait tout de même comme assez difficile, et ne va généralement pas sans quelque friction.

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Droits d'auteur

 

La loi

 

Elle est faite pour protéger les droits des créateurs d'oeuvres.

L'article L.123-1 du Code de la propriété intellectuelle précise : « L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. ».

 

Créateur, c'est quoi?

 

Un créateur est un individu qui fabrique, qui invente quelque chose de nouveau par rapport au déjà existant, quelquechose qui donc n'existait pas jusqu'alors. Créer peut aussi consister à apporter une novation (une fonction nouvelle par exemple) à quelque chose qui existait déjà mais sans avoir cette fonction.

 

Auteur, c'est quoi?

 

En matière musicale, un auteur est la personne qui crée les paroles d'une chanson. Synonyme: parolier.
Suivant les règles de la Sacem, l'auteur peut prétendre à 11/24ème des droits totaux liés à une oeuvre.

 

Compositeur, c'est quoi?

 

En matière musicale, un compositeur est la personne qui crée une musique, un air, que cette musique soit destinée ou non à accompagner des paroles.
Suivant les règles de la Sacem, le compositeur peut prétendre à 11/24ème des droits totaux liés à une oeuvre.

 

Traditionnel et droits d'auteurs...

 

En musique, un air traditionnel est un morceau qui répond à certains critères et/ou coutumes, habitudes anciennes, et qui est transmis par les générations antérieures, la plupart du temps de façon orale. Qui dit coutume dit adoption par une population donnée, ce qui rapproche les deux termes traditionnel et populaire. Mais attention toutefois à ne pas amalgamer les deux termes.

Même les morceaux qualifiés de TRAD ont (obligatoirement) un auteur à l'origine. Mais bien souvent cet auteur n'a pas laissé de traces ni revendiqué être l'auteur ou le compositeur des morceaux en question. Adoptés par un large public ils sont souvent devenus populaires et véhiculés de bouche à oreille avec souvent des modifications dans l'interprétation au cours des transmissions successives. Tant et si bien que, des décennies plus tard, on ne peut généralement plus identifier l'auteur ou le compositeur d'origine. Un morceau TRAD n'appartient donc à personne en particulier mais au patrimoine culturel, donc à tout le monde.

De tels morceaux sont dits "du domaine public" et personne ne peut revendiquer des droits d'auteur. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples.... Car TRADITIONNEL ne veut pas obligatoirement dire LIBRE DE DROITS au sens de la loi actuelle sur les droits d'auteurs.

Par exemple on peut très bien créer aujourd'hui un morceau nouveau dont l'esprit et la forme correspondent à un domaine TRAD. Si l'auteur d'un tel morceau dépose sa création à la SACEM, le morceau sera à la fois qualifiable de TRAD et cependant protégé par des droits d'auteur. Ce qui parait tout à fait normal, puisqu'il sagit ici d'une création.

 

Droits et usage du droit

 

Il ne faut pas confondre TRADITIONNEL et LIBRE DE DROITS. Une oeuvre est dite libre de droits dans quatre situations notoires:

  • 1- Il est matériellement impossible d'attribuer un auteur à l'oeuvre.
  • 2- Une oeuvre a un auteur connu mais celui-ci renonce volontairement à ses droits.
  • 3- L'auteur d'une oeuvre protégée donne à un utilisateur une autorisation partielle, spécifique et généralement temporaire.
  • 4- L'auteur connu d'une oeuvre est décédé depuis plus de 70 ans! Dans ce cas on dit que l'oeuvre est tombée dans le domaine public.

 

Arrangements,
droits limites ... et abus de droit

 

Un arrangeur (terme officiellement reconnu) est la personne qui "habille" une composition brute, soit pour rendre cette composition plus agréable, soit pour lui donner un style particulier, soit pour l'adapter a un instrument, soit pour l'adapter à tous les instruments d'un orchestre (on parle alors d'orchestration).
Suivant les règles de la Sacem, l'auteur de l'arrangement (l'arrangeur) peut prétendre à 2/24ème des droits totaux liés à une oeuvre. Dans la pratique, l'arrangeur négocie par voie contractuelle avec l'auteur et le compositeur une part plus importante des droits.

Si on accepte l'idée qu'une oeuvre musicale nouvelle se compose de trois parties distinctes et indispensables l'une à l'autre pour que l'oeuvre soit complète (paroles, musique, arrangements), alors on peut facilement concevoir la reconnaissance de droits à l'auteur de l'arrangement d'une telle oeuvre; étant entendu que l'auteur, le compositeur et l'arrangeur se répartissent librement ces droits. La règlementation prévoit que, pour déposer un arrangement en vue de faire valoir des droits d'auteur, l'arrangeur doit préalablement acquérir l'autorisation de l'auteur et/ou du compositeur.

Mais il paraît beaucoup plus difficile de concevoir l'attribution de droits d'auteur pour l'arrangement d'un morceau TRAD qui appartient à tout le monde et à personne. Dans cette situation l'arrangeur devrait logiquement avoir à demander et à obtenir l'autorisation d'une population entière, ce qui est impossible car comment en fixer les limites ?

Or, il existe bel et bien des cas où tel ou tel se saisisse d'un morceau traditionnel, le mette en partition ou en tablature (ce qu'on appelle notation ou transcription musicale), l'arrange à sa sauce et ... DEPOSE cet arrangement auprès de la SACEM ou d'autres organismes similaires. C'est une pratique autorisée... si, si... L'arrangeur devient alors aux yeux de la loi propriétaire de droits liés à ces arrangements.

Une telle pratique, déjà peu éthique en elle-même, pourrait, à la limite, se concevoir dans le cas particulier où le travail d'arrangement prend une telle ampleur qu'il en constitue l'oeuvre principale, le morceau TRAD d'origine n'ayant servi dans cette hypothèse que de base ou de prétexte. Soit! Mais peut-on admettre que certains "arrangeurs" puissent devenir subitement propriétaires d'un morceau TRAD en se contentant d'y mettre juste un grain de sel ?

Car tel est bien souvent le cas. Et même s'il n'est, officiellement, propriétaire que de son arrangement, l'arrangeur a tendance à considérer que nul ne peut plus jouer ce morceau en public sans lui être redevable. On peut d'ailleurs se poser la question suivante: Puisque les droits de l'arrangeur sont officiellement de 2% de l'ensemble des droits, (un autre pourcentage ne changerait pas la donne) comment définit-on l'assiette de ce pourcentage puisque l'oeuvre de base n'est ni répertoriée ni évaluée en droits ? Autrement dit ses droits éventuels sont de 2% de quoi?

Conséquence pratique: Vous jouez en public, même très restreint comme à une kermesse d'école, un morceau que vous pensez être traditionnel et libre de droits et.... un inspecteur de la Sacem ou l'arrangeur lui-même, présent lors de votre prestation, vous enregistre et vous réclame des droits. Allez alors justifier (car le plus souvent on vous dira que c'est à vous de prouver!***) que le morceau que vous jouez là, vous le tenez de votre grand père... que vous n'avez aucunement connaissance des arrangements déposés par l'arrangeur, qu'il est évident que ce morceau est du traditionnel tant il est répandu et joué par un grand nombre de gens... Par définition même du TRAD, les preuves matérielles risquent de vous manquer mais les moyens mis en oeuvre créeront sur vous une telle pression que vous devrez vous résoudre à passer à la caisse.

Cette pratique (sauf dans les cas déjà évoqués ci-dessus où il y a manifestement novation et créativité annexées au morceau d'origine) n'est que l'exploitation plus ou moins légale, mais notoirement floue, d'un filon qui aboutit à l'usurpation d'un bien public. Usurpation qu'il convient de dénoncer.


(***) Article 1315 du Code civil : Celui qui réclame l'éxécution d'une obligation doit la prouver.
Ce principe est repris par l'art. 9 du Code de procédure civile : « Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ».

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Forum

 

Fête de la musique:

pour qui?

26-06-2006

Permets moi, en toute amitié, de réagir sur la Fête de la Musique.

Cet événement est de plus en plus détourné de son principe initial qui était de permettre à tous les Musiciens Amateurs de descendre dans la rue pour s’exprimer en toute liberté.

Maintenant on voit des Florent Pagny, des Pokora, des Nolwenn Leroy, des Natasha St pier ….qui montent sur scène ce jour là. A tous ces faiseurs de soupe j’ai envie de demander ce qu’ils foutent là un jour comme celui là. Vous n’avez pas suffisamment de scènes qu’il faille que vous vous accapariez de cette date ? Est ce que je monte sur Scène quand vous faites l’Olympia ou autre ?

Alors foutez nous la Paix et laissez un peu la place aux autres. C’est notre fête et pas la vôtre.

Sinon nous nous sommes donné rendez vous dans une rue piétonne avec quelques collègues danseurs et nous avons fait chauffer un bon petit Fest Noz. J’ai jouer le Hanter Dro YA 10 Marins sur Mer en le chantant. Ce fut une Première, mais je fus bien soutenu par les Danseurs Diskaners. Je me suis autant régalé qu’ont pu s’emmerder les Pagny et consorts à faire une pr ion de plus.

Merci de ton écoute. Bien Amicalement
Thierry D.

 

 

 

Pros et amateurs

suite...

12-01-2006

Cher Anicet,

Je viens de lire sur ton Site dans la Rubrique Philosophie autour du Diato, l’Interessant débat que tu lances sur le Thème Pro/Amateur. Permet moi en toute humilité et en toute amitié de te donner mon avis.

Vouloir de nos jours dresser le portrait type de l’Amateur et du Professionnel est effectivement du domaine de la Théorie pure voire comme tu le dis de la Caricature. Du fait de la conjoncture économique très dure pour tout le monde, la frontière entre l’Amateur et le Professionnel est devenu de moins en moins discernable. Par exemple, lorsque l’Amateur commence à constituer un petit Répertoire et qu’il se positionne avec succès sur diverses Scènes Ouvertes, l’Amateur va alors se trouver confronter à des offres où de l’argent sera proposé. Il pourra alors se draper de sa toge d’Amateur en déclarant ne pas vouloir prendre la moindre péseta et alors l’Organisateur de Spectacle se trouvera dans la posture illégale du patron esclavagiste qui emploie des Musiciens au noir, ce qui au regard de la LOI est formellement interdit et sévèrement puni.
Donc et il faut le savoir,les Organisateurs de Spectacle n’ont pas le Droit de faire jouer des Musiciens de manière gracieuse.

Reste le Milieu Associatif où l’Amateur drapé dans sa toge du No Dinero va pouvoir s’exprimer en toute légalité. Mais là aussi attention aux abus, car il est des Présidents d’Association qui abusent et sous le prétexte que tu es un Amateur t’exploitent de manière scandaleuse. Venir à l’Asso pour retrouver les copains, oui, c’est oui. Maintenant se déplacer ici et là à mes frais de manière régulière pour animer de mon talent tel ou tel événement à la Gloire de l’Asso, ma réponse est que je ne peux pas si une aide Financière ne m’est pas apporter.

Et revoilà le débat sur mon Statut de Musicien relancé. Si je commence à me constituer un répertoire et si je m’applique on va me remarquer et je vais me trouver confronter fatalement à l’Oseille. Donc qui suis-je un Amateur ou un Professionnel ? Si je veux jouer devant un Public, il est obligatoire devant la LOI qu’il y aît un employeur et des Salariés. Donc cher Anicet, je suis désolé d’arriver à la Conclusion que de nos jours le Musicien Amateur Sérieux n’a pas de Statut Légal et donc n’existe pas. Aussi tant que je jouerais mal, je n’aurais aucun Problème à résoudre, le jour où je me constitue un Répertoire et que l’on m’appréciera alors je n’existerais plus, puisque je n’ai pas l’autorisation de régaler les autres gracieusement.

En conclusion, il n’y a pas de débat Amateur/Pro, il y a des subtilités juridiques illégales qui contournent plus ou moins bien la LOI et qui permettent de moins en moins aux Amateurs de s’exprimer en tant que tel. En conséquence, il n’y a ni Pro ni Amateur mais des Musiciens tout court. Le Musicien Amateur n’a pas de Statut Légal.

Amitiés Thierry D.

 

Cher Thierry, chers lecteurs,

Commençons par définir les choses pour ne pas tomber dans les débats inutiles comme j'en vois sur certaines listes Web. Je fais le distingo entre amateur et pro sur les critères suivants:
Le pro gagne sa vie avec son diato et son savoir-faire qu'il a cultivé par une formation ad hoc (qui peut être scolaire, universitaire, apprise sur le tas, ou un mix).
L'amateur arrive au diato sur un coup de coeur événementiel, un évenement de sa vie qui déclenche une passion. Ce coup de coeur peut conduire (grosso modo) à deux voies:

Soit au coup de foudre sans suite qui consiste à s'enflammer subitement, à acheter un diato sans même attendre de savoir lequel convient le mieux à son oreille ou à ses projets, puis à s'apercevoir que c'est finalement une discipline bien plus dure qu'on ne l'imaginait: on revend alors son diato ou on le remise au grenier et c'en est fini. C'est, à mon avis la majorité des cas, qui font néanmoins la fortune des marchands (des professionnels eux aussi).

Soit l'événement révèle et débouche sur une véritable passion. L'amateur peut alors, mu par sa passion, et en passant par dessus une théorie soi-disant indispensable (dont le solfège), acquérir un savoir-faire équivalent à celui du pro, même si, bien sûr, tous les cas ne sont pas uniformes.

C'est de cette situation que viennent les conflits entre pros et amateurs. Les premiers mettent en avant leurs années d'étude et/ou le paiement de patentes pour protéger leur "art" et surtout... leurs prérogatives financières. Les seconds arguent volontiers que leur façon d'exprimer localement leur musique est autant appréciée que celle dite "savante", et que là est bien l'essentiel.

Car le conflit est bien, à la base, un conflit d'intérêts. Et c'est bien ce que tu soulignes, Thierry. La musique, tout comme le théâtre, tout comme le cinéma, tout comme la télévision, tout comme le sport, ....... a perdu son principe ludique de base pour devenir un enjeu d'argent.

Anicet.

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